Comment faire le deuil de son animal de compagnie.

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En grande majorité, personne ne trouve facile de perdre son animal. Il y aura toujours quelques-uns qui n’en possèdent pas qui penseront que c’est rien parce que n’est pas la perte d’un humain. Reste qu’on s’attache à ces petites bêtes-là. Encore là, l’attachement est toujours relatif. Tout dépend à  qu‘elle âge, vous avez eu votre animal. De qu‘elle façon vous l’avez eu. L’avez-vous trouvé dehors? Est-ce une personne chère qui vous l’a cédé? L’avez-vous acheté en animalerie? L’avez-vous depuis qu’il est tout jeune? L’avez-vous adopté alors qu’il était déjà vieux? Même malgré tous ces détails, tout dépend aussi de la complicité que vous avez développé avec cet animal. Une personne ayant un chat pendant 1 an pourrait être tout aussi être affecté qu’un autre qui l’a eu toute sa vie.

Ce que j’ai envie de vous dire, ne vous sentez pas jugé si des gens autour de vous semblent dire que votre peine est exagérée. Parfois, le rapport de certaines personnes avec les animaux est même plus fort qu’avec d’autres humains. L’animal reste fidèle, attentionné, gardera votre plus grand secret, ne vous jugera pas et restera malgré tout toujours à vos côtés, tant qu’il vivra après tout.   

Comme tout est relatif, je vais vous partager ma propre expérience.  Je ne peux pas parler pour eux, car je ne suis pas leur conscience, mais il m’a semblé que les enfants l’ont trouvé difficile, mais beaucoup moins que moi. J’ai toujours eu l’impression que Tiger et moi étions destinés à se rencontrer. Dès notre premier regard, il y a eu une connexion entre lui et moi. La première fois que je l’ai vu, il était parmi plein d’autres chats comme lui dans une cage, il m’a vu et il est venu vers moi. Des petits yeux un peu dans le même trou, genre cartoon. Quand j’ai quitté l’animalerie, cette fois-là, toute la journée ça m’a travaillé. Il s’était passé quelque chose avec ce chat. Je n’arrêtais pas d’en parler à Catherine et mes parents (parce que j’habitais chez eux à ce moment). Finalement, on décide d’aller le chercher. Je craignais de ne pas le reconnaître parce que tous les chats se ressemblaient. Mais quand je suis arrivé… Toute suite on s’est reconnu comme au premier coup d’oeil! De son pas maladroit et son regard «cartoonesque» il s’est dirigé vers moi. C’est clair que je ne repartais pas sans lui! C’était un chat ultra attachant, affectueux qui nous accueillait quand on entrait à la maison. On aurait pu le comparer à un chien. Je lui apprenais même des tours! Il a demeuré avec nous durant presque 18 ans! Donc vous comprendrez mieux pourquoi j’ai été affreusement peiné de devoir le faire euthanasier suite à son cancer. 

Ce n’est pas rien. On s’attache à ces animaux. C’est difficile de décider pour eux de leur fin. On aimerait qu’ils nous parlent, qu’ils nous le disent, «achève-moi, je n’en peux plus» ou, «Non! Je suis capable d’en prendre pour rester avec vous plus longtemps» me semble que ça aiderait à se faire une idée. Plein de «si» nous passent en tête. Si j’avais été plus souvent chez le vétérinaire, si je lui avait acheté de la nourriture plus chère, mais plus saine, si j’avais su qu’il ne reviendrait pas à la maison, je lui aurait offert un bol de sauce à spagetti (Tiger en raffolait et attendait parfois qu’on s’absente un instant de la table à manger pour sauter sur notre assiette), si ceci, si cela et si encore… La réponse restera qu’il serait arrivé au bout de sa vie un jour ou l’autre quand même et que vous n’aviez plus le choix de prendre cette décision pour votre animal afin de le libérer de ses souffrances. Oui, mais s’il ne souffrait pas vraiment… Encore un «si» qui ne peut rien changer. Le soir même, je n’ai pas pu souper. Aucun appétit.

Le lendemain matin en sortant de la chambre à coucher, après la courte nuit où on avait cauchemardé avec les «si», on voit son coussin, ses bols de nourriture. C’est ridicule, mais même sa litière, je n’étais pas capable de la nettoyer. Pourtant, ce n’est pas comme s’il s’était perdu dehors et qu’il pourrait revenir! Mais on dirait par respect pour lui, pour son âme au cas où il pouvait nous visiter sous une autre forme, j’étais incapable de tout ranger. C’est un peu le même réflexe que les gens qui perdent quelqu’un de cher et qui sont incapable de changer une pièce ou se défaire des objets du défunt car c’est tout ce qui nous reste d’eux. Avant de quitter pour aller travailler, je vois une des traces de pattes à terre qu’il avait fait la veille en entrant de dehors… La pression remonte et j’ai dû entrer dans la maison quelques minutes le temps que je puisse mieux contrôler mes émotions. 

Vient l’étape ensuite d’affronter les gens autour de vous. Ceux qui compatissent avec vous, ceux qui ne comprennent pas votre peine, les personnes maladroites qui, en pensant vous consoler, vous raconte que son animal est dont bien drôle… Vous restez le plus fort possible en essayant de ne pas craquer devant eux s’ils vous en parlent. Personnellement, la journée de travail le lendemain à été assez difficile. Que ce soit sur place ou dans les transports en commun, dès que je voyais un chat dans une cage avec son maître, qu’un collègue me parlait de son si merveilleux chat, que sur les réseaux sociaux, je voyais des photos de mon défunt Tiger, et même lire les encouragements de tous, c’était difficile de rester de glace sans que les yeux s’humidifient. Même au premier retour à la maison, quand on s’attend à se faire accueillir et qu’on se rappelle «ah non! c‘est vrai, il nous a quitté» Ça nous laisse un vide. 

Les gens ayant déjà vécu cette épreuve me disaient que ça va passer, mais que ça peut rester longtemps difficile. Je les crois tout à fait. Au bout de trois jours, j’ai pu enfin me résigner à ranger sa litière, sa couverture, ses jouets. Ce fut un autre moment difficile. L’acceptation que votre animal favori n’y soit plus doit entrer en tête. Le deuil peut être encore plus long pour d’autres personnes. Ça m’a pris 3 jours pour être capable de sourire en regardant une de ses photos sans que les «si» viennent hanter ma conscience. Maintenant, une semaine plus tard, j’arrive même à en parler avec humour et à faire des photomontage hommage comme celui-ci. Bonjour au #dollypartonchallenge.
resaux sociaux challenge

Comment je me sens en écrivant ces lignes? Mieux. Je n’aurais pas réussi à composer ce texte tout en restant dans un esprit calme et serein avant. Il faut juste se laisser du temps et si vous trouvez ça difficile, c’est tout à fait normal. Je sais que je n’ai pas fini de le revoir partout. Lorsque nous serons de retour dans notre ancien logement (parce qu’à cause d’un incendie nous sommes dans un logement temporaire le temps que tout le logement soit rénové et que nos objets soient nettoyés) plein d’autres souvenirs vont ressurgir. Lorsqu’on nous remettra ses anciens jouets, sa petite cabane, les premières vacances où nous n’aurons pas besoin de quelqu’un pour venir le nourrir, le premier Noël sans lui… ce sera encore des moments éprouvants. Le temps. C’est la clé et seul le temps peut cicatriser votre deuil. Vivez-le. Si vous avez besoin d’un jour de congé, prenez-le. Si vous avez besoin de vous isoler, faites-le. Si vous avez besoin d’en parler, lâchez-vous et parlez-en! Mais sachez que votre peine est normale peu importe les jugements qu’il pourrait exister autour de vous. Ils ne sont pas que de simples bibelots qui décorent notre logis mais des animaux qui partage vos humeurs, vos émotions tout au long de votre vie. 

Bonne chance, si vous vivez présentement un deuil. Si ce n’est pas le cas, profitez du bon temps avec votre animal. Parce que le temps, le même qui vous paraîtra long lorsqu’il sera le moment de faire votre deuil, aura passé beaucoup trop vite lorsque vous serez déjà rendu au moment de lui dire au revoir… Go! Allez lui faire un petit câlin.

Quelques bons souvenir de Tiger…

(Cliquez sur les images pour les voir plus grandes)

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